Pour une compréhension authentique de l’islam

Lors de la 30e rencontre annuelle des musulmans de France au Bourget, en 2013, Abdallah Benmansour a donné un prêche passionné sur le sens réel de l’islam. Bien qu’il soit déjà ancien, ce discours reste important parce qu’il résume ce que les Frères musulmans croient et enseignent au sujet de l’islam.

Des créatures merveilleuses

À partir de la « shahada » et avec une ferveur communicative, notre prédicateur rappelle aux musulmans que leur Dieu est très grand et que Muhammad est leur guide. Néanmoins, la passion avec laquelle il présente son sujet ne fait pas oublier le malaise grandissant qu’on éprouve en l’écoutant.

Oui, Dieu, créateur de l’univers, est bien plus grand que les mille milliards de galaxies qui le composent. Face à l’étendue immense de la création, notre planète est moins qu’un grain de poussière et l’homme, une « chose » encore plus insignifiante. Et pourtant, Dieu a donné à l’homme une position élevée et commande à des anges de veiller sur lui. Comme l’affirme Benmansour, en écho à un Psaume de la Bible, il est incompréhensible qu’un Dieu si grand accorde la moindre attention à des êtres tels que nous. Tout cela est très bien dit.

Mais il oublie de mentionner beaucoup de faits importants qui éclairent la situation actuelle de l’homme. Il oublie de rappeler qu’Adam et Eve, trompés par Satan, ont choisi d’affirmer leur autonomie vis-à-vis de Dieu. Dieu les avait cependant prévenus que s’ils cessaient de lui faire confiance, la relation entre eux et lui serait brisée et qu’ils mourraient.

Ce qui a suivi la désobéissance d’Adam et Eve

Benmansour oublie de dire que, suite à leur révolte, Adam et Eve ont pris conscience de leur nudité, symbole de la honte qu’ils ont éprouvée d’avoir trahi la confiance de Dieu. Il oublie de dire que Dieu leur alors manifesté sa miséricorde en se lançant à leur recherche – ils se cachaient parce qu’ils avaient peur de lui – et en leur faisant des habits de peau pour couvrir leur honte. Il s’est aussi montré miséricordieux en leur promettant qu’un descendant d’Eve écraserait un jour la tête du « Serpent » qui les avait conduits à douter de sa bonté et avait provoqué leur perdition.

Tout en admettant implicitement que Dieu les a chassés du jardin, ce prêche ne dit rien des souffrances qui remplissent la vie des femmes et des hommes depuis, toutes liées à leur état d’éloignement de Dieu, d’eux-mêmes, des autres et de la création.

Une représentation incomplète de Dieu

Tous ces oublis reviennent à donner une représentation très partielle de Dieu. Oui, la grandeur de Dieu dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Mais si Dieu est miséricordieux, c’est qu’il aime encore l’homme dont il reconnaît pourtant le péché. Dieu prouve donc sa grandeur autrement que par sa puissance. Il la prouve par l’amour incompréhensible et immense qu’il manifeste encore à l’homme qui continue de le rejeter.

Dans cette partie de sa présentation, l’orateur manque de souligner qu’en raison de la perfection morale de Dieu, de sa sainteté, l’homme pécheur ne peut plus l’approcher directement. Il ignore le fait que Dieu a enseigné aux Israélites à lui offrir des sacrifices pour l’expiation de leurs péchés. Quelqu’un devait subir à leur place le jugement que méritait leur péché pour que leur adoration lui soit agréable.

Dieu, une puissance irrésistible pour chaque croyant

Oui, comme l’affirme aussi Benmansour, notre foi en Dieu lui permet de déployer sa puissance en notre faveur. David en a fait l’expérience : « Je m’écrie : Loué soit l’Éternel ! Et je suis délivré de mes ennemis. Les liens de la mort m’avaient environné, Et les torrents de la destruction m’avaient épouvanté ; Les liens du sépulcre m’avaient entouré, Les filets de la mort m’avaient surpris. Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, J’ai crié à mon Dieu ; De son palais, il a entendu ma voix, Et mon cri est parvenu devant lui à ses oreilles » (Psaume 18.4-7).

Comment Dieu nous investit de sa puissance

Mais il oublie de préciser à quelles conditions Dieu manifeste sa puissance en nous et à travers nous. Jésus a dit à ses disciples « Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai… » (Évangile de Jean 14.13). C’est lorsque le croyant invoque Dieu au nom de Jésus qu’il peut entrer dans sa présence et bénéficier de sa puissance.

Jésus a même promis à ses disciples, une fois retourné à Dieu, de leur envoyer le Saint-Esprit pour leur communiquer la force de vivre à sa ressemblance. Sans foi en Jésus, sans la présence de l’Esprit en lui, le croyant invoque vainement la puissance de Dieu et n’aura que les ressources de son propre enthousiasme pour marcher sur son chemin. Autant dire, pas de ressources pour aller bien loin.

Le croyant a besoin d’un guide pour marcher sur le chemin de Dieu

Ce prêche enflammé nous rappelle une autre grande vérité : chaque croyant a besoin d’un guide pour avancer sur le « chemin de Dieu ». Et ce guide, la seconde partie de la « shahada » l’exalte en la personne de Muhammad, le musulman exemplaire.

À La Mecque, dit la tradition musulmane, Muhammad a été un fervent adorateur du Dieu unique et, à Médine, il a démontré son génie politique et militaire. Mais Benmansour oublie de rappeler qu’Allah lui a ordonné de prier pour le pardon de ses péchés (Q 40.55 ; 47.19 ; 48.2 ; 80.1-10). Pourtant, bien des exégètes musulmans ne conçoivent pas que Muhammad ait réellement commis de péchés personnels, et notre enseignant semble suivre leur avis.

Jésus, le guide par excellence

Mais il y a un fait plus important qu’il ne mentionne pas. Le Coran reconnaît qu’à la différence de Muhammad, Jésus est sans péché, qu’il est la Parole de Dieu et a accompli des miracles qui l’ont authentifié comme véritable témoin de Dieu. À ces divers titres, n’a-t-il pas plus que quiconque vocation à guider les croyants ? Et n’est-ce pas la raison pour laquelle la Bible le désigne comme le « bon Berger » ?

Dans le séjour éternel de Dieu

Ce prêche se termine en nous rappelant la magnifique promesse du paradis pour tous ceux que Dieu jugera fidèles. Il le décrit avec raison comme une réalité qui ne se réduira pas à des délices sensuelles. Il précise qu’il y aura, au-dessus de son séjour « ordinaire », un lieu de communion avec Dieu qui procurera à ceux qui en seront gratifiés des satisfactions bien plus grandes que celles qu’offrent les houris et les éphèbes.

Les hommes dans leur état éternel

Mais dans sa réjouissante description, il passe sous silence la condition de ceux qui vivront éternellement dans la présence de Dieu. Revêtus d’un nouveau corps qui ne connaîtra ni maladie, ni douleur ni mort, ils vivrons sous de nouveaux cieux et sur une nouvelle terre où la justice habitera. Cette justice sera celle que Jésus leur a obtenue en faisant à Dieu l’offrande de sa vie pour eux. Et il oublie surtout de dire le plus important : seuls ceux qui auront reçu le pardon de leurs péchés parce qu’ils auront reconnu le caractère expiatoire de la mort de Jésus sur la croix, auront leurs noms inscrits dans le livre de vie et pourront entrer dans la cité éternelle préparée pour les justes.

Dans son enthousiasme, Benmansour semble avoir oublié ou méconnaître la mise en garde de Dieu à la fin du dernier livre de la Bible : « Moi, je le déclare solennellement à tous ceux qui entendent les paroles prophétiques de ce livre : si quelqu’un y ajoute quoi que ce soit, Dieu ajoutera à son sort les maux décrits dans ce livre. Si quelqu’un retranche quelque chose des paroles prophétiques de ce livre, Dieu lui ôtera tout droit à l’arbre de vie et à la ville sainte décrits dans ce livre ». (Apocalypse 22.18-19).

Jésus, le début et la fin de tout

En définitive, notre espoir pour le présent et l’au-delà réside tout entier en Jésus. Et la conclusion la plus appropriée à cette réflexion sur la compréhension authentique de l’islam est de redire que Jésus est celui qui, à la fin, jugera de tout.

« Oui, dit Jésus, je viens bientôt. J’apporte avec moi mes récompenses pour rendre à chacun selon ce qu’il aura fait. Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements. Ils auront le droit de manger du fruit de l’arbre de vie et de franchir les portes de la ville. Mais dehors les hommes ignobles, ceux qui pratiquent la magie, les débauchés, les meurtriers, ceux qui adorent des idoles et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge. » (Apocalypse 22.12-15)

Conclusion

Ce prêche soulève une question de fond : comment se fait-il que le Coran et la Sunna, dont Benmansour a tiré son enseignement, passent sous silence tant de faits importants à la compréhension du salut de l’homme ? Si le Coran ne fait que confirmer ce que Dieu a révélé dans la Torah, les Psaumes et l’Evangile, comme l’affirme l’islam, comment expliquer que ce prêche pèche par autant d’oublis ? Est-ce que la révélation de Dieu qui a précédé le Coran ne serait pas digne de foi ? Dieu ne s’est-il pas engagé à la préserver de toute altération ? Ne serait-il donc pas temps de la découvrir pour l’entendre sur les sujets dont le Coran ne dit rien ?

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