L’islam pratique-t-il la « mission » et la « conversion »?

Au cours des siècles passés, les musulmans ont accusé les missions chrétiennes d’ « acheter les conversions ». Cette accusation est encore très répandue aujourd’hui. Même si beaucoup de musulmans nient que l’Islam pratique la « mission », cela ne signifie pas que des efforts ne sont pas faits pour promouvoir l’Islam et forcer à la conversion.

 

Tout d’abord, il y a, en beaucoup d’endroits, des reliquats de la règle de la Dhimma, sorte de règle discriminatoire pour la tolérance des minorités religieuses qui, au cours des siècles de domination musulmane, a conduit les fidèles d’autres religions à la conversion. L’interdiction, en Arabie Saoudite ou au Qatar par exemple, de la libre confession et de la pratique des religions non musulmanes, les désavantages dans les lois pénales ou familiales, dans le droit d’étudier ou dans la carrière sont certainement pour beaucoup de non-musulmans dans maints pays islamiques autant de raisons de changer de religion que l’est un mariage avec une femme musulmane qui réclame constamment la conversion de son mari à l’Islam.

 

De plus, bon nombre de pays musulmans soutiennent le travail de « Da’wa » (propagation de l’Islam) hors de leurs propres frontières. En 1972, l’ « Assemblée mondiale de la jeunesse musulmane » (WAMY) a été créée afin « d’introduire l’Islam dans sa forme la plus pure comme un système global et un mode de vie et afin de soutenir les organisations musulmanes à travers le monde par l’enseignement, l’échange et le travail en commun » (www.wamy.co.uk/bd_about.htm). Il existe aussi une liste du nombre de mosquées bâties à travers le monde grâce à ce soutien.

 

Ajouter à cela qu’aujourd’hui, les états islamiques pratiquent ou soutiennent, de façon croissante, le « Da’wa » (promotion, invitation) au-delà de leurs propres frontières. Ce type de travail missionnaire vise non seulement à toucher les non-musulmans, mais aussi à la conversion des musulmans d’autres traditions ou tendances ou de ceux qui, au regard d’un Islam conservateur, « négligent » leur foi islamique. Ainsi, par exemple en est-il du Maroc, où se pratique traditionnellement un Islam modéré : « Rabat (a reçu) des aides de l’Arabie Saoudite en échange de quoi de nombreuses mosquées et écoles coraniques à caractère radical sur le modèle du wahhabisme saoudien (une interprétation saoudienne stricte de l’Islam) ont été construites dans le pays. Aujourd’hui, les groupes islamiques sont présents, comme au Proche-Orient, au travers d’associations charitables et recrutent leurs adhérents parmi la jeunesse pauvre et sans emploi des faubourgs des grandes villes. » (Die Welt du 20 août 2003). Dans son édition du 3 juillet 2003, « Deutchlandfunk » dit qu’au Maroc, les femmes vêtues à l’occidentale, de façon « non musulmane », sont de plus en plus intimidées et parle d’une islamisation rampante. « Deutchlandfunk » signale aussi le 12 août 2003, que de nombreuses mosquées, organisations et associations islamiques en France sont financées, entre autres, par l’Arabie Saoudite ou par des organisations islamiques non-gouvernementales présentes dans les pays d’origine (surtout l’Algérie et le Maroc). Les « prédicateurs » envoyés dans ces organisations se caractérisent par leur fondamentalisme et leur parti pris antidémocratique. Ils prêchent en arabe et appellent au « Jihâd » (un engagement qui peut aller jusqu’au combat armé) contre les chrétiens, les juifs et les « capitalistes ».

 

Le FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung) fait état, dans son édition du 10 octobre 2001, de fonds souscrits, en Bosnie, par l’Arabie saoudite pour la construction de mosquées, l’aide à des organisations et aussi, manifestement, à des « agents dormants » (des extrémistes qui attendent des ordres de leur organisation pour commettre des actes de violence). En Algérie, selon le FAZ du 2 août 1995, les corps de jeunes ont été retrouvés qui avaient été tués car ils étaient vêtus de façon non islamique ou ils avaient parlé contre l’Islam et le fondamentalisme. Le TAZ (Tageszeitung) fait état, dans son édition du 5 août 2003, des fonds et des missionnaires en provenance du Pakistan et d’Inde du Nord utilisés pour l’expansion d’un Islam fondamentaliste au Nord du Mali. Dans le FAZ du 20 septembre 2001 : « Les mouvements dans le monde islamique reçoivent de généreuses contributions venant des fortunes personnelles de riches arabes du Golfe. Avec cette aide , ils subventionnent les musulmans qui, à travers le monde, vivent dans la pauvreté ou regimbent contre des lois étrangères. Les donateurs ne se demandent pas quel usage est fait de leur argent. En tant que bons musulmans, il leur est plus important d’être charitables et de donner aux autres. Etre charitables signifie, par exemple, financer des mosquées dans les nouveaux hôpitaux et écoles d’Asie centrale ou du Kosovo, sans chercher à avoir, ensuite, une quelconque influence ».

 

L’usage de cet argent n’est pas toujours clair, mais on soupçonne généralement qu’il est utilisé en partie pour un travail de « Da’wa ». Dans une édition de Die Zeit : « Pendant des siècles, les gouvernants (d’Arabie saoudite) ont cherché à réconcilier religion et politique. Des milliards de dollars ont été payés pour encourager un Islam militant… Ce mélange est cependant très ancien. C’est le mélange d’une forme pure et agressive d’Islam, le Wahhabisme, et le désir de pouvoir ouvertement affiché par la dynastie des Saoud. Avec cette religion d’état, les gouvernants –rois et imams réunis- ont conquis toute la péninsule arabique… Aucun autre pays n’a envoyé autant de milliards de dollars et de militants en Afghanistan, Pakistan, Palestine, Tchétchénie et Bosnie que ce pays avec ses 22 millions d’habitants ». (Die Zeit, dossier 47/2000, La connexion saoudienne). « L’islam en Afrique » (voir www.infoplease.com) rapporte que l’Islam fait plus de convertis en Afrique que le Christianisme (www.nahost.de/content/aufsaetze/aufsatz_001.shtml).

 

Comme fournisseur d’aide matérielle concrète, il est certain que l’Islam a un grand attrait pour beaucoup. Et, parallèlement, on rapporte aussi que de nombreuses conversion sont la résultante de considérations pratiques ou de contraintes… Au Soudan, par exemple, selon le FAZ du 23 novembre 1996, les églises et les organisations internationales se plaignent que : « Le gouvernement (de Khartoum) exerce son contrôle sur les zones d’habitat grâce au modèle efficace des comités populaires. Lorsqu’il agit, il le fait alors, d’abord et exclusivement, pour les musulmans. Cela est vrai même pour le système de santé publique : si les plus pauvres d’entre les pauvres, qui dépendent du système d’assistance publique, se manifestent et demandent de l’aide, ils ont le choix entre se convertir ou ne pas bénéficier du tout de l’aide publique. Aber Alier (juriste et dissident) en arrive à cette conclusion : « La politique soudanaise de développement social, telle qu’elle est conduite par le ministère du Planning social, signifie essentiellement l’islamisation et l’arabisation de la société civile au Soudan du Sud. » Cette expansion est portée par différentes institutions : des organisations de jeunesse jusqu’aux 3 services secrets du pays et, en définitive, des ONG islamiques actives dans toute l’Afrique. De la moitié sud du pays parviennent des compte-rendu parlant d’une nouvelle forme d’esclavage et de génocides commis contre les tribus de Nubie. A la nonciature, on parle de « nettoyage ethnique » pratiqué par la « race dominante arabe » contre les Africains et les chrétiens…

 

L’ « association de défense des peuples en danger », mais aussi  « Caritas International », rapporte que… les soldats de Khartoum attaquent les villages dans les montagnes de Nubie et tuent des hommes et des femmes ; ils enlèvent les enfants pour les recruter ou les vendre à des acheteurs étrangers, et les noms de la Libye et de l’Arabie Saoudite apparaissent dans ce contexte ».

 

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