L’islam à la conquête de l’Occident – La stratégie dévoilée

Quel avenir pour les populations musulmanes installées en Europe ? Réussiront-elles à vivre leur foi, à conserver leur « identité civilisationnelle » et à convaincre les populations non-musulmanes des valeurs universelles de l’islam? Ou bien « l’alignement culturel » que les sociétés occidentales attendent d’elles amorcera-t-il un processus dangereux de dissolution progressive de leur identité et, à terme, leur abandon de l’islam?

Ces questions cruciales, l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture – ISESCO, a commencé à se les poser en 1982. Afin de préserver l’Oumma islamique de « dilution culturelle » et de « perte de l’identité islamique », elle a jugé indispensable de fournir aux différentes diasporas musulmanes un « document de référence » qui doit inspirer les activités de leurs centres culturels, de leurs instituts affiliés et de leurs associations islamiques pour préserver la pureté de leur « identité islamique » en Europe.

Adoptée au sommet islamique de Doha (Qatar) en 2000, la « Stratégie de l’Action culturelle islamique à l’extérieur du monde islamique » est devenu le document officiel de référence de l’action islamique commune en Occident.

Dans « L’islam à la conquête de l’Occident – La stratégie dévoilée », Jean-Frédéric Poisson présente une analyse détaillée de ce document. Un des mérites de son livre est de rendre très concrètes les implications pratiques d’un texte dont le caractère technique et le ton académique tendent à voiler la logique conquérante.

En quoi consiste la « Stratégie »? Ses auteurs, responsables d’associations musulmanes et autres organes musulmans en Europe, ont très bien compris que le combat se situait au plan culturel. C’est la culture occidentale, source de tous les dangers pour les musulmans résidant en Europe, qu’il faut modifier au bénéfice de l’islam. Pour la transformer, la « Stratégie » veut jouer sur plusieurs registres. D’abord, celui de l’action sociale. Dans ce domaine, protéger la famille, faire évoluer le statut de la femme (dans les limites de la charia), éduquer la jeunesse et l’enfance dans la connaissance de leur héritage, créer des institutions sociales et religieuses ainsi que des écoles privées sont autant de chantiers qui ont été mis en route. La mesure la plus fondamentale de ce plan d’islamisation de la culture est la demande qu’on enseigne l’arabe dans les écoles publiques. Cette insistance sur la préservation de l’identité islamique suppose un processus de séparation culturelle assumé et a pour but de permettre aux musulmans de vivre en autarcie au sein même d’une société non-musulmane (communautarisme).

Le deuxième registre sur lequel joue la « Stratégie » est celui du « dialogue » avec les sociétés occidentales qui « n’ont pas eu la chance de bien connaître cette religion dans son authenticité et sa pureté … ». L’Occident ne connaîtrait l’islam qu’à travers l’image dénaturée qu’en ont donnée les orientalistes. Au cours de la période coloniale, l’Occident, si imbu de sa supériorité, a une nouvelle fois manqué l’occasion de découvrir cette religion. Et aujourd’hui, le même mépris persiste. Un tel aveuglement nécessite donc de déployer de grands moyens (influence exercée sur la rédaction des manuels scolaires, littérature, émissions de radio et de télévision, stratégie de relations publiques) pour que les populations occidentales découvrent l’islam « authentique » et la brillante civilisation à laquelle il a donné naissance.

Tout n’aurait été que paix, ouverture aux autres et harmonie à l’époque de l’heureuse domination islamique sur le monde. Mais comme les faits historiques sont têtus et les textes fondateurs loin de confirmer cette vision paisible et ouverte de l’islam, la « Stratégie » ne recommande pas explicitement mais n’exclue pas le recours au mensonge pour embellir l’image de l’islam ou répondre à ses critiques.

La « Stratégie » donne toute son attention à un troisième registre d’actions : celui d’appeler les peuples européens à l’islam. Pour cela, elle répète aux musulmans que le monde se divise en « maison de la guerre » et « maison de l’islam », et que les pays occidentaux appartiennent à cette première maison où l’islam doit triompher. Les musulmans vivant dans ces pays ne sont en effet pas ignorants des faiblesses qui caractérisent leurs populations. La mondialisation et la marchandisation de quasiment tous les domaines de la vie n’apporte pas le contentement escompté. Beaucoup dissimulent mal leur errance existentielle et cette situation persuadent les auteurs de la “Stratégie” que l’islam est tout simplement la religion de remplacement dont les Occidentaux ont urgemment besoin, puisque le christianisme a si totalement failli à sa mission.

Après avoir mis en lumière la « Stratégie » islamique de conquête de l’Occident, J.-F. Poisson, bon stratège lui-même, décrit les formes que devrait prendre la résistance. Premièrement, identifier clairement les objectifs de la Stratégie et renoncer à une vision naïve de l’islam. Deuxièmement, assumer nos responsabilités politiques et faire appliquer la laïcité pour lutter contre l’islamisation de la société à travers une adaptation progressives aux demandes des musulmans. Troisièmement, présenter aux associations musulmanes plusieurs exigences telles que renoncer au communautarisme et à la volonté de conquête de l’Occident (demander la séparation du religieux et du politique) et consentir à la critique rationnelle du Coran pour élaborer un islam compatible avec les lois de la République. Même si l’auteur souhaite que les réformateurs reçoivent tout le soutien et la protection dont ils ont besoin pour œuvrer à la transformation de l’islam, la question de la faisabilité d’un tel projet reste posée.

Avec ce dernier livre, J.-F. Poisson rejoint le groupe des auteurs qui osent parler vrai à propos de l’avenir de l’islam en Occident. Certains ne manqueront pas de rétorquer que l’islam n’a aucune intention de conquête car c’est une religion de paix par définition. Et même si cette volonté de conquête était avérée, l’islam n’aurait pas actuellement la puissance nécessaire pour mener à bien un tel projet. Un tel livre ne serait donc que « beaucoup de bruit pour rien … »?

Aussi bien intentionnées qu’elles soient, ces réponses ne font, en réalité, que confirmer une apathie préoccupante vis-à-vis des appétits jamais satisfaits de l’islam. Elles veulent ignorer que, par sa nature même, l’islam est conquérant et qu’un petit nombre d’individus vraiment résolus peut s’emparer de peuples entiers s’ils ont perdu le sens de leur identité et de leur mission.

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