Ces musulmans qui quittent l’islam

L’athéisme n’est pas un phénomène nouveau au sein de l’islam. Mais depuis un siècle, il a tendance à prendre une ampleur sans doute jamais connue auparavant. Quels motifs invoquent ceux qui abandonnent l’islam ? Et quelles répercussions une telle décision a-t-elle pour eux, en pays musulmans et en Occident ?         

Questions, doutes et athéisme en islam

Je me souviens d’une conversation avec un jeune algérien, né en France, convaincu que poser des questions sur Allah, c’était déjà blasphémer. Cette manière de penser laisse évidemment peu de place à la réflexion critique. Mais, si elle se rencontre souvent parmi les croyants dévots, elle est loin de refléter la conviction profonde de beaucoup d’hommes et de femmes vivant en pays traditionnellement musulmans.

On sait, par exemple, qu’une longue histoire de questionnement sur le texte coranique a agité le monde musulman. Al-Jahiz, un écrivain arabe du VIII-IXe siècle et Ibn Al-Muqaffa, auteur persan du VIIIe siècle, ont exprimé indirectement leurs critiques de la religion. C’est sur eux que se sont appuyés, par la suite, ceux qui s’en sont pris aux principes religieux classiques et aux hommes qui les incarnaient.

Le temps passant, d’autres influences se sont exercées sur le « monde musulman », en particulier à l’époque coloniale et lors des processus de décolonisation. Au milieu du XXe siècle, une partie de la jeunesse des pays arabes discutait librement de la question de l’athéisme. En politique, les références au socialisme, au marxisme et au combat pour les droits sociaux étaient fréquentes. Mais cette liberté s’est rapidement évanouie avec la disparition du Président Nasser. Pour contrer l’influence des communistes, le Président Sadate a redonné droit de cité aux Frères musulmans que son prédécesseur avait farouchement combattus, emprisonnés et exécutés. Puis, la révolution iranienne, en 1979, et le retrait des Soviétiques d’Afghanistan, en 1980, sont venues conforter les Frères musulmans dans leur emprise sur la société égyptienne.

Le réveil chiite iranien a constitué une puissante émulation pour l’Arabie Saoudite qui, forte de ses pétrodollars, s’est lancée dans la course à l’islamisation du monde. Elle a multiplié les constructions de mosquées et d’écoles coraniques sur tous les continents. Elle a aussi soutenu la création d’une multitude de sites depuis lesquels les musulmans d’autres écoles que le wahhabisme, vivant en pays musulmans ou en Occident, ont été appelés à revenir à la pratique des « pieux ancêtres ». Ce rappel à un islam cohérent avec ses textes fondateurs s’est traduit, à la fin du XXe siècle, par de violentes réactions contre les expressions ouvertes d’athéisme. En 1990, Turan Dursun (1934-90), écrivain turc, ancien imam devenu athée est assassiné par le Mouvement de l’organisation islamique pour avoir « insulté l’islam ». Farag Fûda (1945-92), essayiste égyptien, subit un sort semblable deux ans plus tard. Taslima Nasreen, visée par une fatwa émanant du Conseil des soldats de l’islam du Bangladesh pour avoir écrit La Honte, est contrainte à l’exil. Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques, tombe, lui, sous le coup d’une fatwa de l’ayatollah Khomeini. Trente-trois intellectuels turcs, qui le soutenaient, meurent dans l’incendie de leur hôtel. Joumana Haddad, journaliste libanaise, subit des menaces et est exclue d’une manifestation culturelle au Bahreïn parce qu’elle est l’auteur de Pourquoi je suis athée ?, un article dans lequel elle fait état de ses convictions en matière religieuse.

Mais la répression et les manœuvres d’intimidation à l’encontre des « apostats » n’endiguent pas le phénomène. Au contraire, les évolutions technologiques vont permettre à cette contestation de rebondir. Dans les années 2000, le développement des chaînes satellitaires et la création de chaînes privées fournissent à certains critiques de l’islam une plate-forme de portée internationale. En organisant la confrontation en duplexe de Wafa Sultan avec le Dr Ibrahim Al-Khouli en 2006, Al-Jazira inaugure cette nouvelle ère. Mais les débats publics de cette nature resteront peu nombreux parce que les représentants de l’islam s’ingénient à confisquer le dialogue afin de neutraliser leurs adversaires.

À la fin des années 2000, les réseaux sociaux prennent le relais en ouvrant de nouvelles possibilités de s’exprimer publiquement aux dissidents de l’islam. « Ils ne sont plus des militants de gauche, affirme Dominique Avon, « Ils ne sont plus des chercheurs, ou des hommes et des femmes de lettres. Ils sont de simples citoyens, jeunes, exprimant un rejet de la religion et de la foi, organisant plus ou moins clandestinement des ‘cercles de sans-religion’, constituant des groupes virtuels ayant pour non ‘athées et fiers de l’être’, ‘athées de l’Université du Caire’, et faisant circuler sur la toile des livres interdis comme ‘Min Târîkh al-Ilhâd fi-l-Islam (De l’Histoire de l’athéisme en islam) ».[1]

Ces évolutions successives semblent indiquer combien le monde musulman a été perméable aux influences extérieures. Influences philosophiques libérales au XIXe siècle, influences politiques du socialisme jusque dans les années 70, puis, après le retour d’un islam orthodoxe, revendications plus individuelles et existentielles de la part d’une jeunesse connectée au reste du monde au début du XXIe siècle.

Pourquoi certains « musulmans » quittent-ils l’islam aujourd’hui ?

Le cas emblématique de Waleed Al-Husseini répond assez clairement à la question. En 2011, ce Palestinien de 22 ans est arrêté et jeté en prison. On lui reproche d’être « une menace pour la sécurité nationale » parce qu’il a publié sur son blog des parodies de versets coraniques et éreinté le style de vie du Prophète. Pendant son incarcération, le personnel pénitentiaire lui inflige des sévices physiques et lui fait subir de nombreux interrogatoires pour qu’il avoue « qui finançait son athéisme ? ». Pour ces fonctionnaires, il est impensable que la seule lecture du Coran et de la Sunna puisse avoir convaincu leur détenu de renoncer à la foi islamique.

Abdel-Samad, historien égyptien de 43 ans, est un autre cas. Il vit actuellement en Allemagne sous protection policière. Avant de devenir un athée déclaré et un critique déterminé de l’islam, il a été un membre zélé des Frères musulmans pendant ses études. Il raconte que lors d’un camp organisé par les Frères, le doute s’est insinué en lui. Après avoir remis à chacun une orange, on leur avait ordonné de marcher pendant des heures dans la chaleur du désert. Puis, à la fin de l’épreuve, on leur a demandé de peler leur orange. Alors que chacun se réjouissait d’étancher un peu sa soif, le responsable du groupe leur a ordonné de l’enfouir dans le sable et d’en manger la peau. C’était très humiliant. Il a alors compris que le but de l’opération était de briser leur volonté et de faire d’eux des terroristes. Peu après, il a quitté les Frères musulmans.

On peut citer plusieurs autres exemples : celui de Karim Al Banna, Égyptien de 22 ans, condamné à trois ans de prison pour « avoir insulté l’islam » parce qu’il s’est déclaré athée sur Facebook ; celui de l’écrivain saoudien Hamza Kashgari, emprisonné pendant deux ans sans procès, pour avoir twitté des propos irrévérencieux concernant Mahomet. Raif Badawi, un jeune Saoudien condamné à dix ans de prison et mille coups de fouet pour avoir fondé Les libéraux saoudiens libres et discuté sur son blog de questions religieuses et de la place de la femme dans la société saoudienne, est une autre illustration de la répression que subissent ceux qui osent remettre en question le statu quo religieux. Bien d’autres figures attestent de la réalité de cette opposition interne à l’islam comme résultat d’une démarche critique personnelle.

Brian Whitaker,[2] qui a étudié cette question sur le terrain, est arrivé à la conclusion que le facteur principal d’abandon de l’islam n’est pas la montée du terrorisme, l’islam radical ou la barbarie de DAECH. C’est après s’être plongés dans les textes fondateurs et les enseignements de l’islam que certains musulmans ont décidé de rejeter leur religion. Mais, comme le reconnaît Maryam Namazie, qui a fui l’Iran et s’est installée en Angleterre, on peut arriver à l’athéisme de différentes manières. « Si Dieu me déteste à ce point, pourquoi croirais-je en lui ? » demande-t-elle.

Ce mouvement de sortie de l’islam existe aussi dans les pays où les musulmans ont émigré et où ils sont minoritaires. Une étude de 2016 de l’Institut Montaigne[3], relève qu’en France, la majorité des musulmans ne s’identifient pas à l’islam rigoriste et que le nombre de ceux qui « sortent » de l’islam serait deux fois plus important que celui des conversions à l’islam.

Réponses faites aux apostats dans le monde musulman

1) La réponse sociale et politique

De l’avis général, l’athéisme conduit tout droit à l’immoralité. Outre son abandon de la prière, l’athée va boire de l’alcool et vivre dans la fornication. Mais cette réaction, dans bien des pays d’Afrique du Nord ou au Moyen-Orient, revient à se cacher derrière son petit doigt. Ce n’est un secret pour personne que la classe moyenne-supérieure éduquée ne dédaigne pas l’alcool. Et les relations sexuelles hors mariage ne sont pas si exceptionnelles puisqu’elles se traduisent, pour le seul Maroc, à 800 avortements clandestins quotidiens. Quant à la prière, il est fréquent de voir en Arabie Saoudite, championne de l’orthodoxie et adepte de la police religieuse, des gens se regrouper et prendre une pause cigarette, pendant le quart d’heure que dure la fermeture des magasins après l’appel à la prière.

Le problème est donc moins l’athéisme en soi que le fait de le déclarer publiquement. C’est contre ceux qui clament leur défection à l’islam que les autorités religieuses se mobilisent. Et la charge est forte : elles condamnent l’athéisme comme blasphème (faute religieuse), atteinte à la morale (faute sociale) et trouble à l’ordre public (faute politique). De tels chefs d’accusation conduisent à l’ostracisme, la discrimination, le rejet, la persécution ou encore à une condamnation pouvant aller de l’amende à la peine de mort.[4]

Parmi les 49 pays à majorité musulmane, 13 condamnent les athées à la peine capitale. Ce sont : la Mauritanie, le Soudan, la Somalie, le Nigeria, le Yémen, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan, les Maldives et la Malaisie.

Pour Ahmed Benchemsi [5], les persécutions qui frappent les apostats n’ont pas premièrement de motifs juridiques : « Dans le monde arabe d’aujourd’hui, ce n’est pas la religiosité qui est obligatoire ; c’est l’apparence de celle-ci. Les attitudes et les croyances non religieuses sont tolérées tant qu’elles ne sont pas visibles. L’hypocrisie sociale donne une marge de manœuvre aux modes de vie laïques, tout en préservant les apparences religieuses. L’athéisme, en soi, n’est pas le problème. Le revendiquer à haute voix l’est. Ainsi, ceux qui rendent public leur athéisme dans le monde arabe se battent moins pour la liberté de conscience que pour la liberté d’expression. »

2)  La réponse juridique

Il ne faudrait pourtant pas conclure de cette remarque que les autorités religieuses ne sont que vaguement intéressées et impliquées dans les cas d’apostasie. Elles y voient une réelle menace mais font face à quelques problèmes.

Le droit musulman est très divers. Il mêle, selon les pays, héritage religieux traditionnel avec des éléments introduits sous l’influence des États européens, au temps de la colonisation ou après. C’est ce qui donne à ce droit son caractère composite générateur de tensions.

La qualification juridique de l’athée est également complexe. Dominique Avon passe en revue les termes utilisés : «’mulhid’, ‘munâfiq’ (qui signifie davantage l’hypocrite face à la croyance) et, dans certains cas, ‘murtad’ (en référence à ceux qui quittèrent la communauté musulmane après le décès de Muhammad) ou – moins directement – ‘kâfir’ (le sens courant est le ‘mécréant’). Le recours à ces différents termes traduit la difficulté des juristes religieux à « établir une analogie stricte avec la situation médiévale qui reste le moment de référence. » D’après cet auteur, le terme de « libre penseur » correspondrait mieux que celui d’« athée » à la pensée de l’époque médiévale. En effet, le terme arabe désigne celui qui « s’écarte du but » qui « biaise ».

Dans la Déclaration islamique des droits de l’homme en islam (Le Caire, 1990), cette notion de « déviance » est mise en relation avec le terme « fitra », qui n’apparaît qu’une fois dans le Coran. Selon un propos attribué à Mahomet, « Tout nouveau-né naît selon la ‘fitra’, mais ses père et mère le judaïsent, le nazaréisent (christianisent), le mazdéisent ». Autrement dit, tout être humain naît musulman. Or, si l’islam est la religion naturelle de l’homme, il s’ensuit, toujours selon la Déclaration islamique des droits de l’homme, qu’« Aucune forme de contrainte, aucune exploitation de sa pauvreté ou de son ignorance, ne doit être exercée sur l’homme pour l’obliger à renoncer à sa religion pour une autre ou pour l’athéisme ».[6]

Si, à l’époque médiévale, certains poètes tels que Al-Hajj, Abou Nawâs et Al-Moutanabbi ont refusé le concept de fitra, les cheikhs qui participent au « réveil » du sunnisme depuis une trentaine années – Qaradhawî, Ghazâlî et Shaarâwî – l’approuvent et justifient la peine de mort appliquée aux apostats.

La vie des apostats en pays musulmans et en Occident

1)  Dans les pays musulmans

Au cours du demi-siècle écoulé, l’attitude envers les apostats a varié de la bienveillance, avant les années 70, à la répression, après. En Égypte, dont la législation ne prévoit pas la peine de mort pour apostasie, ils risquent de perdre leurs droits civiques, d’être lynchés par une foule en furie ou tués par un proche chargé de laver l’honneur de la famille. Beaucoup décident donc de chercher refuge dans un pays non musulman, généralement en Occident.

2)  En Occident

A la surprise de beaucoup d’entre eux, la présence de compatriotes ou d’autres migrants musulmans, peut les exposer à la violence, à l’ostracisme et aux menaces. Et les réactions à ces pressions sont variées. Certains conservent une pratique religieuse extérieure pour assurer leur sécurité. Des femmes continuent de porter le voile. Des hommes se montrent régulièrement à la mosquée le vendredi. D’autres sont tellement éprouvés par les tensions intérieures dans lesquelles ils vivent qu’ils souffrent de dépression et, pour certains, font des tentatives de suicide. Mais il y a aussi ceux qui, bravant les interdits de la charia, vivent ouvertement leur abandon de l’islam. Ceux qui bénéficient du soutien de leur famille assument généralement beaucoup mieux leur sortie de l’islam.

Parmi ces derniers, plusieurs ont décidé de passer à une phase active d’opposition à l’islam. La plupart d’entre eux n’avaient pas d’engagement politique antérieur. Mais si la religion est une forme de surveillance qu’exercent ceux qui détiennent le pouvoir, la religion devient politique, et tout rejet de la religion constitue de ce fait un acte politique. Un de ces dissidents résume bien la situation : « Aussi longtemps que des incroyants sont persécutés, aussi longtemps que la religion s’immisce dans la vie privée des gens, je ne peux pas la rejeter simplement comme une affaire strictement personnelle. »[7]

Pour assurer la diffusion de leurs idées, ces dissidents ont recours à des conférences, articles, livres et blogs. Kacem al-Ghazâlî, athée marocain déclaré, a lancé un appel à la communauté internationale demandant l’abolition de la loi islamique (charia). En Suisse, il a organisé séminaires, conférences et manifestations pour apporter son soutien aux athées issus de l’islam. Waleed Al-Husseini, ce Palestinien dont nous avons parlé plus haut, a obtenu l’asile politique en France. Établi à Paris, il milite pour ses idées et a publié un essai autobiographique intitulé Blasphémateur ! Les prisons d’Allah, paru au début 2015. Shahin Najafi, chanteur iranien athée, très populaire parmi la jeunesse de son pays, s’est installé en Allemagne. De là, il continue d’exprimer ses convictions sur les réseaux sociaux et utilise Viber, Telegram et Instagram pour rester en contact avec ses « fans ».

Si les ex-musulmans vivant en Occident, ne sont pas toujours libres de déclarer leur rejet de l’islam, ils s’organisent. Maryam Namazie, installée en Angleterre, a mis sur pied, en 2006, une conférence sur le thème « liberté de conscience et d’expression » qui a rassemblé le plus grand nombre d’ex-musulmans jamais réunis. Son but est de faire connaître la situation des apostats dans les pays appliquant la charia, menacés de mort et obligés à la discrétion, même en Occident. En 2007, elle a fondé le « Conseil des ex-musulmans ».

Un autre problème que rencontrent, selon elle, les dissidents musulmans ayant trouvé asile en Occident, est le regard que porte sur eux une majorité d’Occidentaux. Ils les considèrent comme une masse absolument homogène alors qu’une grande diversité de croyances de pratiques religieuses et de convictions politiques les caractérisent. Et cette vision « essentialisée » produit deux effets opposés. Les pro islamistes de gauche ne voient en eux qu’une « communauté » à défendre. Mais ils ne saisissent pas qu’en prenant fait et cause pour les « droits des musulmans à pratiquer leur religion », ils défendent un système radicalement contraire à leurs propres « valeurs progressistes ».

Quant à l’extrême droite, elle ne veut voir en eux qu’une masse compacte envahissant l’Occident sans du tout comprendre que beaucoup de ces musulmans cherchent à fuir les mouvements islamiques totalitaires et rêvent de laïcité.

Ce que les plus politisés de ces dissidents appellent de leurs vœux, ce pour quoi ils s’engagent, c’est la fin des menaces et des intimidations dont souffrent les apostats et l’instauration d’une société séculière au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Pour cela, ils cherchent à se regrouper dans les différents pays occidentaux où ils résident. Certains pensent qu’une profonde révolution culturelle des pays musulmans prendra du temps. Waleed Al-Husseini estime que les vingt ans qui viennent seront très difficiles mais que les choses s’amélioreront ensuite. Pour sa part, Abdel-Samad prédit que « … la sécularisation de l’Égypte n’est pas qu’une possibilité, c’est une certitude. Ce qui est moins clair, c’est le prix que le pays devra d’abord payer. L’Histoire me dit que le sang coulera. » [8]

L’athéisme n’est pas le seul chemin qu’empruntent les dissidents de l’islam

L’agence Arab Barometer a mené pour la BBC[9], entre fin 2018 et le printemps 2019, une étude auprès de 25’000 personnes appartenant à dix pays arabes[10]. Les chiffres sont surprenants et impressionnants. Dans ces pays, la moyenne des habitants déclarant ne pratiquer aucune religion est passée de 8% en 2013 à 13% aujourd’hui. En Tunisie, ce chiffre a bondi de 16% à 31%. Bien d’autres chiffres de cette étude confirment que dans ces pays musulmans, un nombre croissant de personnes prennent leurs distances vis-à-vis de l’islam.

Ce qui n’est généralement pas mentionné par les agences de presse, c’est que l’athéisme n’est pas le seul choix que font les « dissidents ». Beaucoup d’hommes et de femmes du monde musulman aspirent à connaître Dieu. En Iran, les Bahaïs, sévèrement persécutés par le régime, représentent une alternative. Mais un plus grand nombre de personnes trouvent ce qu’elles cherchent dans la foi chrétienne, soit dans leur pays d’origine, soit dans les pays où elles ont émigré.


Notes

[1] Dominique Avon, « L’athéisme face aux pays majoritairement musulmans, » in Carnet de recherche de l’IPRA, 16/12/2015, https://ipra.hypotheses.org/45

[2] Brian Whitaker, « Arabs Without God : Atheism and Freedom of Belief in the Arab World », 2014.

[3] https://www.institutmontaigne.org/publications/un-islam-francais-est-possible, Septembre 2016

[4] Léa Baron, « Les athées, ces dissidents du monde musulman », TV5Monde, 11.04.2018

[5] Ahmed Benchemsi, directeur de communication auprès de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch, auteur de « Invisible Atheist », article paru en 2015 https://newrepublic.com/article/121559/rise-arab-atheists

[6] Dominique Avon, « L’athéisme face aux pays majoritairement musulmans, » in Carnet de recherche de l’IPRA, 16/12/2015, https://ipra.hypotheses.org/45

[7] Ahmed Benchemsi, directeur de communication auprès de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch, auteur de « Invisible Atheist », article paru en 2015 https://newrepublic.com/article/121559/rise-arab-atheists

[8] Ibidem

[9] https://www.bbc.com/news/world-middle-east-48703377, 24 juin 2019.

[10] Algérie, Egypte, Irak, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Soudan, Tunisie, Yémen et territoires palestiniens.

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